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Musée d’Orsay – Paris – Jusqu’au 22 septembre
"Berthe Morisot, femme impressionniste (1841-1895)"

Née en 1841 à Bourges dans une famille aisée, Berthe Morisot s’initie à la peinture auprès du paysagiste Camille Corot. Elle sera l’une fondatrices du mouvement impressionniste et une de ses principales représentantes : elle fera partie des huit peintres qui vont faire la première exposition du groupe en 1874 et elle exposera ses toiles à sept des huit expositions des impressionnistes. Elle aussi va sortir de l’atelier pour aller peindre la lumière du jour et chercher à « rendre une figure en plein air » comme elle disait. Ses œuvres seront appréciées des critiques et des amateurs.
Une artiste accomplie donc, au même titre qu’un Manet, Monet ou Renoir, avec lesquels elle va entretenir des relations d’amitié.

Comment expliquer alors qu’elle soit moins connue que ses collègues masculins ?
Tout simplement parce qu’elle est une femme ! En cette fin de 19 ème siècle, se faire reconnaître comme artiste à part entière quand on est femme, semble quasi-impossible, surtout dans l’art pictural. « Elle a été assez rapidement lue à travers le prisme d’être une femme, réduite à une peinture de femme, avec des sujets domestiques, des sujets féminins, donc ça empêchait probablement le public et les historiens de prendre la mesure de son art », explique Sylvie Patry, conservatrice en chef des collections du Musée d’Orsay.

Mais Berthe Morisot était une femme de caractère : quand elle épouse Eugène Manet, le frère d’Édouard Manet, elle continue de peindre et elle signe ses toiles de son nom de jeune fille. Elle peindra jusqu’à la fin de sa vie.

La maternité va aussi devenir une source d’inspiration pour l’artiste : elle va multiplier les tableaux sur sa fille Julie qui devient son modèle préféré, de poupon, jusqu’à son adolescence – le tiers de son œuvre lui est consacré.

Berthe Morisot peint donc les femmes qui l’entourent : elle pose sur elles un regard enveloppant de douceur et de délicatesse qui transpire de ses tableaux. Ses œuvres sont un remarquable témoignage des mœurs de cette époque.
L’audace du « non finito »
L’art de Berthe Morisot se caractérise aussi par ce style qu’elle va adopter dans les années 1880 de « non finito », d’inachevé, une volonté de laisser croire à celui ou celle qui contemple sa toile qu’elle ne l’a pas finie. Des traits de pinceaux qui s’estompent, des fondus qui se perdent dans la toile… l’artiste se fera beaucoup critiquer pour cette audace qui va pourtant singulariser son œuvre. Elle va aussi jouer sur la lumière en multipliant les tableaux ayant comme cadres des fenêtres, des vérandas, des seuils, ce qui lui permet de multiplier tout en subtilité les effets entre l’intérieur et l’extérieur.
Ce n’est que dans les années 1890 que l’artiste va pouvoir s’aménager un salon-atelier dans lequel elle va peindre une centaine de tableaux en un peu plus de trois ans, dont le quart a survécu jusqu’à nous. Berthe Morisot meurt d’une grippe en 1895 à l’âge de 54 ans. (Catherine François – TV5 Monde)

Musée d’Orsay
1 Rue de la Légion d’Honneur
75007 Paris


Publié le : 9 juillet 2019
par : Dominique Lafargue

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